Ahmad Vahidi, tueur de masse à Buenos-Aires, attend les félicitations de Le Drian et Macron

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Buenos Aires et Paris – Dans une lettre adressée au ministre argentin des Affaires étrangères, le Centre Simon Wiesenthal a déclaré : « L’Argentine ne peut rester silencieuse face à une nouvelle provocation de l’Iran, qui nomme Vahidi, un fugitif de la justice comme ministre de l’Intérieur. »

Les directeurs du Centre Simon Wiesenthal pour les relations internationales et pour l’Amérique latine les Drs Shimon Samuels et Ariel Gelblung, respectivement, ont exprimé leur indignation auprès du ministre des Affaires étrangères Felipe Sola, suite à la nomination d’Ahmad Vahidi (photo) comme ministre de l’Intérieur de l’Iran.

Gelblung a souligné que « l’Argentine ne peut rester silencieuse face à une nouvelle provocation de l’Iran, qui nomme un fugitif cherchant à échapper à la justice au poste de ministre de l’intérieur. C’est une insulte à l’Argentine et un coup dur pour les familles des 85 morts et plus de 300 blessés dans l’attaque de l’Asociación Mutual Israelita Argentina (AMIA). C’est une récompense pour le terrorisme en accordant à Vahidi une forme de sanctuaire. »

Samuels a noté que « Vahidi, était chef de la Force Quds, la branche paramilitaire des Gardiens de la révolution islamique d’Iran au moment de l’attentat de 1994 et figure sur la liste d’alerte rouge d’INTERPOL… le 18 juillet 2018, en commémoration de l’attentat, nous [le Centre Simon Wiesenthal] avons organisé une table ronde au Parlement britannique avec l’ambassadeur d’Argentine au Royaume-Uni. Nous avons fait venir un avocat argentin, un survivant de l’AMIA et un expert britannique en matière d’extradition…le résultat a été de dynamiser les notices rouges d’INTERPOL pour l’arrestation et la détention des terroristes survivants…. Notre centre surveillera les déplacements à l’étranger de M. Vahidi, au motif que même un ministre de l’intérieur d’un État terroriste doit faire face à la justice. »

secure.wiesenthal.com


Le nouveau ministre de l’Intérieur Ahmad Vahidi est recherché par Interpol ; le choix du président pour le haut diplomate, Hossein Amirabdollahian, est un anti-occidental avoué ayant des liens avec le CGRI, le Hezbollah

Photo combinée, de gauche à droite : Hossein Amirabdollahian, général Ahmad Vahidi (AP Photos/Misha Japaridze, Vahid Salemi, File)

Le nouveau président iranien a présenté mercredi un cabinet dominé par des extrémistes, dont beaucoup d’anciens de l’ère Ahmadinedjad, le négateur de la Shoah, a rapporté la télévision d’État. On trouve, parmi eux un ministre des Affaires étrangères connu pour ses liens étroits avec le Hezbollah et un ministre de l’Intérieur recherché par Interpol pour son rôle présumé dans l’attentat à la bombe contre un centre culturel juif de Buenos Aires en 1994. .

L’ecclésiastique conservateur et ancien chef de la magistrature Ebrahim Raisi a nommé le diplomate de carrière intransigeant Hossein Amirabdollahian au poste crucial de ministre des Affaires étrangères, alors que l’Iran et les États-Unis cherchent à ressusciter l’accord nucléaire historique de Téhéran avec les puissances mondiales.

Amirabdollahian, 56 ans, a servi dans diverses administrations au fil des décennies. Il a été vice-ministre des Affaires étrangères des Affaires arabes et africaines sous l‘ancien président populiste radical Mahmoud Ahmadinejad, connu en Occident pour son négationnisme et sa réélection contestée en 2009.

Selon Reuters, Amirabdollahian est un anti-occidental avoué qui aurait des relations étroites avec le groupe terroriste Hezbollah au Liban ainsi qu’avec la force des Gardiens de la révolution iraniens.

Les parties à l’accord nucléaire se sont rencontrées à Vienne pendant des mois pour tenter de relancer l’accord. La dernière série de pourparlers s’est terminée en juin sans qu’aucune date n’ait été fixée pour leur reprise. Raisi a promis que son administration se concentrerait sur la levée des sanctions qui ont mis à mal l’économie iranienne déjà en difficulté.

Raisi a également nommé le général Ahmad Vahidi – un ancien ministre de la Défense mis sur liste noire par les États-Unis en 2010 – comme son ministre de l’Intérieur. Il était à la tête de la Force Quds des Gardiens de la Révolution, son bras opérationnel international, au moment de l’attentat à la bombe contre le Centre juif AMIA dans la capitale argentine. Son nom figurait sur une liste de « notice rouge » d’Interpol concernant l’attaque du bâtiment de l’AMIA.

L’attentat à la bombe de 1994 de l’AMIA (Association mutuelle israélite d’Argentine), perpétré par un kamikaze libanais qui a conduit une voiture piégée dans l’immeuble à plusieurs étages, a fait 85 morts et des centaines de blessés. Le kamikaze a ensuite été identifié comme étant Ibrahim Hussein Berro, un membre du groupe terroriste Hezbollah soutenu par l’Iran, et d’autres membres du Hezbollah et iraniens l’auraient aidé.

Les familles des victimes de l’attentat à la bombe ont renouvelé leurs demandes de justice alors qu’elles marquaient l’anniversaire de l’attentat le mois dernier , furieuses que personne n’ait jamais été condamné.

 

Conséquences de l’attentat à la bombe de 1994 contre l’AMIA à Buenos Aires. (Journal La Nación (Argentine/Wikipedia Commons)
 

 

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