Le pantin de Beyrouth, par Michèle Mazel

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Raïssi veut imprimer sa marque

Ebrahim Raisi, le nouveau président de la République Islamique d’Iran – bien curieux nom pour une théocratie n’ayant à sa tête que des chefs religieux – a pris ses fonctions le 5 août avec toute la pompe qui s’impose. Les dirigeants occidentaux étaient étrangement absents, que ce soit l’effet de la pandémie ou des relents sulfureux du passé trouble de Monsieur Raisi, plus connu sous l’appellation familière de « bourreau de Téhéran. »  et qui n’a pas perdu de temps pour proclamer que son pays continuerait à œuvrer à la destruction d’Israël.

Ce qui explique pourquoi la présence de Monsieur Enrique Mora, député de Josef Borrel, Haut représentant de L’Union européenne, a été particulièrement remarquée.

La grippe diplomatique de Nasrallah

Mora était assis derrière le patron du Hamas Ismail Hanniyeh et le numéro deux du Hezbollah Naïm Kassem, adjoint du secrétaire général  du Hezbollah Hassan Nasrallah, retenu dans son bunker par les responsables de sa sécurité qui craignaient qu’un « accident » ne lui arrive sur le chemin de Téhéran.

 On le sait, Hamas et Hezbollah ne  font pas mystère de leur volonté de détruire Israël. Il est vrai que, du temps où il était ministre espagnol des Affaires étrangères Monsieur Borrel,  avait fameusement affirmé qu’il « pouvait vivre » avec l’intention de l’Iran de détruire Israël.

Profession de foi du Hezbollah au sud Liban?

Il faut croire qu’Enrique Mora n’était pas venu prêcher la retenue au nouveau président, car ce dernier a apparemment saisi l’occasion pour donner des instructions détaillées à son  fidèle vassal. Dès le lendemain l’organisation terroriste a lancé dix neuf roquettes sur le nord d’Israël. Dans quel but? Provoquer un grave incident de frontière alors que le Liban, exsangue, est en train de sombrer?
Smoke rise from Israeli shelling near the southern Lebanese village of Kfar Shouba, after Hezbollah fired rockets near an Israeli positions the Golan Heights, Friday, Aug. 6, 2021. (AP Photo/Mohammed Zaatari)
Détourner l’attention des Libanais qui manifestent dans les rues?  Ou tout simplement faire comprendre à Israël que le nouveau maître de l’Iran continuait à tirer les ficelles au Liban, comme le faisaient ses prédécesseurs et qu’il pouvait à tout moment plonger la région dans une guerre meurtrière?

S’affirmer au détriment de l’armée libanaise

A en croire le Hezbollah, il s’agissait de démontrer que le mouvement est le garant de la souveraineté nationale : les roquettes étaient censées riposter au tir d’artillerie de Tsahal de la veille – lequel répondait déjà à un tir de roquettes  dont personne n’a  revendiqué la responsabilité. Bilan de ce vendredi? Trois roquettes  tombées en territoire libanais, six en pleine campagne et les dix autres  interceptées par le Dôme de fer.
A missile is launched by an « Iron Dome » battery, AFP PHOTO/DAVID BUIMOVITCH
L’armée israélienne a répliqué par un tir nourri d’artillerie. Selon la formule consacrée, il n’y a eu ni victimes ni dégâts d’un côté comme de l’autre.

La Finul fait une fois encore preuve de son inutilité

Tout de même, les  habitants des villages du sud Liban  ont été pris  d’un mouvement de panique  et certains  en sont venus aux mains avec les miliciens du Hezbollah auxquels ils font porter la responsabilité de l’accrochage. La FINUL, cette force de l’ONU qui remplit si mal sa mission de faire respecter le cessez-le feu, s’est bien gardée de blâmer le Hezbollah et s’est contentée d’exhorter « les deux parties » à  « faire preuve de retenue. »
Photo by Michael Giladi/Flash90 *** Local Caption *** רמת הגולן
לבנון
Le président libanais Michel Aoun, nous dit-on,  “est tenu au courant des événements par ses services » mais n’a fait aucune déclaration. Enfin dans le nord d’Israël, gites et centres touristiques sont plus animés que jamais. Reste à savoir quels nouveaux ordres va recevoir le pantin de Beyrouth.

Par Michèle Mazel

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