Algérie : une société-écran émiratie aurait vendu des drones frelatés à des corrompus

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Les drones émiratis d’Adcom au cœur de la campagne anti-corruption algérienne

Plusieurs des généraux algériens mis en examen ces dernières semaines ont œuvré sur le contrat de vente de drones émiratis d’observation à l’armée du pays.

Selon nos informations, le mandat de dépôt prononcé le 13 juillet par le tribunal militaire de Blida pour plusieurs chefs d’inculpation, notamment « enrichissement illicite », contre l’ancien secrétaire général du ministère de la défense Abdelhamid Ghriss vise en premier lieu le grand contrat signé par l’Algérie avec la société émiratie Adcom Systems.

L’ex-secrétaire général du ministère de la défense Abdelhamid Ghriss

Alors sous la tutelle de feu le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, l’armée algérienne avait signé en 2019 avec cette société un accord, estimé à au moins 150 millions d’euros, pour la livraison de drones United 40, tropicalisés en Al Djazaïr 54, qui devaient être l’avant-garde de la dronisation de l’armée algérienne. Ces appareils devaient servir dans la lutte contre le terrorisme. Las, comme l’avait relaté Intelligence Online, ils ne sont quasiment pas utilisables en l’état (IO du 02/02/21). Ce contrat fait l’objet d’enquêtes poussées au sein du pouvoir algérien depuis plusieurs mois, désireux de comprendre les circuits de financement de Gaïd Salah, décédé en décembre 2019.

Un magnifique drone absolument bon à rien, produit d’une publicité abusive… Son créateur s’est, depuis, reconverti dans l’immobilier touristique.  

Drones renifleurs

L’Algérie a été l’unique client d’Adcom. Le dirigeant de la société, Ali bin Mohamed al-Dhaheri, a depuis ce contrat fui le marché du drone. De son vrai nom High Tech Systems GroupAdcom et surtout son dirigeant se sont refait une virginité en ligne, avec l’aide d’une société d’e-réputation. Al-Dhaheri, qui a un temps travaillé pour des sociétés appartenant au clan Al-Nahyan au pouvoir à Abou Dhabi, n’apparaît plus sur internet que comme promoteur immobilier aux Maldives, loin du Maghreb et des marchés de défense.

Ce n’est pas le premier gradé algérien à être inquiété par ce dossier, comme l’a révélé El Watan : un autre proche de Gaïd Salah, l’adjudant-chef Guermit Benouira, retrouvé en Turquie à l’été 2020 après avoir fui le pays avec des documents confidentiels, est aussi soupçonné d’avoir œuvré sur cet accord. Et ce, tout comme le général-major Rachid Chouaki, ancien directeur des industries militaires, lui aussi placé sous mandat de dépôt.

Article publié dans Africa Intelligence (groupe Indigo Publications).

 

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