Voici les mesures nécessaires pour affaiblir le Hamas à Gaza

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« Il n’y a pas de solution simple à l’instabilité du cessez-le-feu actuel entre Gaza et Israël. L’implication de l’Autorité palestinienne reste une condition préalable obligatoire à l’effort de stabilisation à long terme », a déclaré Céline Tobol, codirectrice du Fonds de coopération économique (FEC) et membre du mouvement des Commandants pour la sécurité d’Israël, concernant la bande de Gaza.

Céline Tobol. Photo : Nadav Gal

Renverser le rapport de forces et de pouvoirs

Il est regrettable que la prise de conscience de la nécessité d’examiner la politique d’Israël à Gaza n’ait été prise qu’à la suite de la récente série de combats dans la bande de Gaza. Dans ce contexte, il semble que le ministre de la Défense Benny Gantz et les hauts responsables américains conviennent qu’une stratégie visant à un cessez-le-feu continu dans la bande de Gaza nécessite le renforcement de l’Autorité palestinienne et son implication dans la réhabilitation et la stabilisation de Gaza.

Il s’agit d’un changement significatif par rapport à l’approche du gouvernement précédent, qui considérait l’Autorité palestinienne (AP) comme un acteur non pertinent, a en fait creusé le fossé entre la Cisjordanie et Gaza, et a fourni au Qatar pro-Hamas un rôle dans la stabilisation de Gaza, même au prix du renforcement du Hamas.

Le rôle du parrain égyptien et la nocivité du Qatar

 

Malgré des preuves contradictoires depuis environ une décennie, la politique du gouvernement israélien a considéré le contrôle du Hamas comme un facteur de stabilisation à Gaza (moindre mal?). Aujourd’hui, il semble enfin que la politique égyptienne – qui depuis l’opération Tzuk Eitan (2014) cherche à mener une stratégie alternative, basée sur le retour progressif de l’Autorité palestinienne au gouvernement de Gaza – résonne aux États-Unis et en Israël. Il s’agit d’un changement fondamental qui crée une opportunité importante pour mener un effort coordonné israélo-égypto-américain. L’idée principale de cette politique est de soutenir le « renforcement de l’AP » et le « retour de l’AP à Gaza ».

Le défi actuel est de traduire ces slogans en pratique sur le terrain.

La discussion sur la stabilisation de Gaza aujourd’hui tourne principalement autour de la question de savoir comment éviter de diriger diverses matières premières et fonds vers le Hamas, et comment concevoir un mécanisme qui garantira que l’organisation ne bénéficiera pas des efforts de réhabilitation.

Filtrer la réhabilitation pour empêcher le réarmement

On ne peut pas accuser le Mécanisme de réhabilitation de Gaza (GRM) d’être entièrement responsable du réarmement du Hamas.

 On a créé ce mécanisme après l’opération de 2014 et il fonctionne conformément aux instructions des côtés israélien et palestinien.

Bien qu’il y ait place à l’amélioration dans le fonctionnement du mécanisme, toute mise à niveau devrait non seulement empêcher la fourniture de matériaux, mais aussi faciliter – et ne pas interférer avec – la réhabilitation et le développement de Gaza, tout en augmentant le rôle de l’Autorité palestinienne et sa contribution à cet effort.

La question redondante du port de Gaza (après une éventuelle levée du blocus)

Si telle est la logique qui guide les dirigeants, la mise à niveau du mécanisme, tel qu’il fonctionne à partir de 2014 sera une partie importante du puzzle de la stabilisation de Gaza. Cependant, cette décision à elle seule ne suffira pas à modifier le rapport de force entre le Hamas et l’Autorité palestinienne.

Le renforcement de l’Autorité palestinienne et la facilitation de son retour dans la gestion de Gaza exigent qu’Israël agisse selon les cinq étapes suivantes :

  • Premièrement, les chances de réussite du processus doivent être améliorées, car aucune des deux parties n’acceptera de participer ou de diriger un effort voué à l’échec. À cette fin, Israël doit assouplir les restrictions à la circulation des biens et des personnes dans la bande de Gaza à l’intérieur et à l’extérieur de la bande, et soutenir des projets à grande échelle, y compris la planification, la construction et l’exploitation d’un port maritime – le tout sous la supervision de l’Autorité Palestinienne, en tenant compte des besoins sécuritaires d’Israël.
  • Deuxièmement, parce qu’un rôle plus ouvert et actif de l’AP nécessitera des accords entre le Fatah et le Hamas sur la répartition des pouvoirs et des responsabilités entre eux, Israël doit soutenir – et non opposer son veto – à l’établissement d’un gouvernement technocratique. Ce gouvernement, dirigé par l’Autorité palestinienne, sera responsable de la gestion des affaires civiles à Gaza. Sous réserve d’un mécanisme garantissant que le Hamas n’a pas accès aux fonds gérés par ce gouvernement, Israël devra encourager les donateurs à soutenir le gouvernement technocratique et la gestion appropriée et transparente de ces fonds.

Les vases communicants entre Ramallah et Gaza

 

  • Troisièmement, l’Autorité palestinienne doit recevoir des garanties que tant que le Hamas et les autres factions à Gaza ne seront pas désarmés, et tant que l’Autorité palestinienne n’aura pas de mesures de défense et de sécurité efficaces à Gaza, Israël ne blâmera pas l’Autorité palestinienne et ne la rendra pas responsable de toute rupture du cessez-le-feu commise par des tiers.
  • Quatrièmement, on ne peut pas attendre de l’AP qu’elle coopère avec une stratégie qui ne fait qu’améliorer les conditions à Gaza. L’approche globale proposée ici nécessite donc de s’assurer que la situation en Cisjordanie s’améliore également (indépendamment de la dimension de Gaza). Les mesures requises ne remettent pas nécessairement en cause les frontières idéologiques du nouveau gouvernement israélien, car aucun des membres de la coalition ne s’oppose aux mesures directement liées à la qualité de vie, la stabilité et la sécurité en Cisjordanie.

Diverses mesures peuvent être prises pour éliminer les obstacles au développement économique palestinien – et pour le soutenir activement ; Améliorer les capacités d’administration de l’AP ; Mettre fin à la présence de Tsahal dans la zone A, une présence qui sape la légitimité et l’efficacité des forces de sécurité palestiniennes ; lutter efficacement contre les courants extrémistes et violents (arabes et juifs) en Cisjordanie et à Jérusalem et plus encore.

La question fondamentale de la stabilité à Jérusalem pour Gaza

  • Cinquièmement, toute provocation extrême sur les lieux saints de Jérusalem et ses environs doit être évitée, le statu quo sur le mont du Temple doit être maintenu, le rôle de la Jordanie dans l’enceinte doit reprendre et l’évacuation des Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est arrêtée. L’avantage de prendre toutes ces mesures est grand, notamment pour empêcher le Hamas de prétendre représenter les Palestiniens à Jérusalem. De plus, les provocations en cours à Jérusalem rendront difficile pour l’Autorité palestinienne de remplir ses engagements non violents, rendront difficile la coopération avec Israël et rendront sa position à Gaza précaire.

Il n’y a pas de solution simple à l’instabilité du cessez-le-feu actuel entre Gaza et Israël. L’implication de l’AP reste un préalable obligatoire à l’effort de stabilisation à long terme. La solution au problème actuel est pertinente non seulement pour ceux qui veulent préserver la solution à deux États, mais aussi pour ceux du gouvernement israélien qui ne veulent pas être entraînés dans la réoccupation de Gaza, et comprennent donc le besoin urgent d’un gouvernement palestinien à Gaza.

La récente confrontation a clairement montré que pour renforcer l’Autorité palestinienne avant qu’elle n’occupe un tel rôle dans la bande de Gaza, Israël doit garder à l’esprit que les développements en Cisjordanie et à Jérusalem affectent la stabilité à Gaza, et vice et versa.

 


L’auteure est directrice générale du Fonds de coopération économique (FEC) et membre du personnel de la bande de Gaza du mouvement Commanders for Israel Security. L’article a été traduit à partir d’une publication en anglais sur le site Web de Fathom Journal. 

israeldefense.co.il

PS : on semble encore à des années-lumière d’un tel processus et on imagine mal le Hamas se laisser désarmer aile par aile comme une mouche qu’on dissèque… Ici, l’intervention de rééquilibrage des Emirats Arabes Unis, à la place du Qatar, dans l’équation, n’est pas envisagée. Mohamed Dahlan est un contrepoids, autant au Hamas qu’au Fatah sous l’égide d’Abu Mazen. Mais sa légitimité d’homme fort en a pris un coup, lors de son expulsion de Gaza, puis de celle de l’OLP (rival d’Abu Mazen, qui, de toute façon, ne tiendrait pas jusqu’à l’achèvement d’un tel processus sous dix ans) …

 

2 commentaires

  1. Cette malheureuse a atteint un niveau de stupidité ,de naïveté et d’aveuglement qui dépasse l’imagination.
    Et quelles sont ces deux organisations dont elle fait partie ?

    1. Cela fait effectivement penser à des prières incabtatoires à ce stade. 2 associations d’anciens Mefakdim ont globalement le même sigle. Je vais voir si ce n’est pas de l’autre dont on peut attendre des propositions plus solides. Un retour en arrière à 180° ne paraît pas plausible. A le mérite d’exister pour le démonter…

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