Citoyenneté : le coup bas politique, premier ennemi du Sionisme?

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La loi sur la citoyenneté rejetée après un vote de 59-59

Coup dur pour la coalition

Yamina dénonce le Likud, le Parti sioniste religieux, comme « post-sionistes » pour avoir rejeté la loi aux implications sécuritaires, aux côtés de la Liste arabe unie. Le Likud prétend que la loi mettrait en danger le « caractère sioniste de l’État ».

Le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avec la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked, la ministre des Transports Merav Michaeli et la députée Yamina Idit Silman avant le vote sur la loi sur la citoyenneté, le 6 juillet 2021 (crédit photo : YONATAN SINDEL/FLASH 90)
Le Premier ministre Naftali Bennett et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avec la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, la ministre des Transports Merav Michaeli et la députée Yamina Idit Silman avant le vote sur la loi sur la citoyenneté, le 6 juillet 2021 (Crédit photo : YONATAN SINDEL/FLASH 90)
Lors d’un coup dur pour le nouveau gouvernement, la loi controversée sur la citoyenneté a été battue de justesse mardi matin à la Knesset. Le vote s’exprime à égalité de 59 députés votant pour et 59 contre, ce qui signifie que la loi n’a pas été approuvée.
Deux députés de la coalition Ra’am se sont abstenus de voter, tandis que le député de Yamina et rebelle Amichai Shikli a voté avec l’opposition pour faire échec à la loi.
Le vote a également été transformé en un vote de confiance au gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett. Il a eu lieu en plénière de la Knesset peu avant 6h30 du matin après plus de cinq heures de discours acrimonieux sur le lieu de cette plénière.
Plus tôt dans la nuit, la loi avait été amendée par le gouvernement et approuvée lors d’un sondage téléphonique des ministres du gouvernement comme compromis entre la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et les partis Ra’am et Meretz de la coalition qui s’opposent fermement à la loi.
La loi amendée aurait permis une prolongation de six mois du statut pendant laquelle un panel aurait été mis en place afin d’examiner des solutions humanitaires à plus long terme.
De plus, 1 600 Palestiniens vivant en Israël se seraient vus accorder des droits de résidence dans le cadre du compromis.
Bien que le leader de Ra’am, le député Mansour Abbas et son collègue député Waleed Taha aient voté en faveur de la loi, leurs collègues du parti, les députés Saeed Alkharumi et Mazen Ghanaim, ont voté contre cette la loi.
Tous les députés du Likoud, du Parti sioniste religieux, du Judaïsme unifié de la Torah et du Shas, sauf un, ainsi que la Liste commune des partis arabes, ont voté contre la loi.
Après le vote, Shaked a dénoncé le Likoud pour avoir rejeté la loi, que l’establishment sécuritaire israélien considère comme importante pour la sécurité nationale. 
« Quiconque n’a pas vu la jubilation des membres du Likud et des sionistes religieux, aux côtés de [Député] Ofer Kasif et Sami Abu Shehadeh n’a jamais vu la vraie folie se propager dans leurs têtes », a tweeté Shaked. Elle a publié une photo des députés de la Liste arabe unie posant pour une photo faisant le signe de la la victoire après la chute de la loi.
« Ensemble, ils ont vaincu la loi sur la citoyenneté, une loi importante pour la sécurité et le caractère juif du pays », ajoutant sarcastiquement qu’il s’agissait « d’une grande victoire pour le post-sionisme », en référence à la désignation que le Likoud et le Parti sioniste religieux ont donnée au nouveau gouvernement.
Le parti Yamina a publié une déclaration disant que « dirigée par Bibi et Tibi, l’opposition n’a pas réussi à renverser le gouvernement mais, ensemble, ils ont causé un préjudice direct à la sécurité d’Israël et a abandonné ses frontières », ajoutant « C’est ainsi qu’avance la petite politique politicarde au détriment des citoyens israéliens.
La déclaration de Yamina poursuit : « En ce qui concerne Bibi, s’il n’est pas au pouvoir, le pays peut bien s’embraser » (Néron contemplant Rome brûler).
Le Likoud a cependant rejeté les accusations du gouvernement, affirmant que la loi proposée était « un accord corrompu conclu dans l’obscurité de la nuit entre Bennett, Lapid, Ra’am et Meretz par le premier gouvernement israélo-palestinien. Ce projet s’est désintégré grâce à la lutte déterminée qu’a menée l’opposition, dirigée par Netanyahu.
Le Likoud a déclaré que la loi proposée aurait permis à « des milliers de personnes » d’entrer en Israël « mettant en danger l’identité sioniste et la sécurité de « l’État d’Israël ».

 

Des membres de l’opposition ont exigé que le débat sur le sujet soit arrêté après la présentation du projet de loi amendé. Le député du Likud Yariv Levin a déclaré que les annonces étaient « nées d’accords de coalition » qui avaient été « cachés au public ».
Le chef du Parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, a réprimandé la décision de Shaked depuis le podium de la Knesset, en disant « comment votre main n’a-t-elle pas tremblé lorsque vous avez signé l’accord ? N’avez-vous pas honte ? »
Avant le vote, Bennett a rencontré tous les membres de la faction Meretz afin de tenter de parvenir à un accord avec eux, qui permettrait au vote de passer.
La réunion se serait terminée, alors que Meretz exigeai/t une prolongation de la loi de six mois, une résidence automatique pour les adultes et un examen individuel pour chaque personne souhaitant obtenir la citoyenneté, bien qu’aucune confirmation d’un accord sur ces conditions, de la part de Bennett n’ait été signalée.
Le député de Nouvel Espoir Zvi Hauser a qualifié la session de la Knesset et les discours de l’opposition de « l’un des jours les plus tristes de ce pays » Et son collègue député Meir Yitzhak Halevi a accepté, affirmant que « les lignes rouges ont été franchies ici » et que les débats étaient « un geste dangereux pour notre démocratie« .
Alors que les politiciens du Likud à la Knesset prenaient à tour de rôle la parole en séance plénière, la branche des médias sociaux du parti était également active tout au long des événements de la nuit.
« Il serait sage d’avancer le vote afin d’empêcher Shaked de vendre le Mur des Lamentations », lit-on dans un tweet en référence à la longue nuit de discours au cours de laquelle Bennett et Shaked ont continué à rencontrer des membres hésitants de leur coalition.
« Ce soir, plus de Palestiniens ont reçu la citoyenneté israélienne d’Ayelet Shaked que d’Israéliens n’ont voté pour Bennett », a déclaré un autre tweet du compte officiel du Likud.
S’adressant à un journaliste alors qu’il entrait en plénière de la Knesset, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré qu’il était « toujours optimiste » quant au succès qu’il obtiendrait en faisant passer la loi contestée lundi soir.
Les députés de Ra’am et Meretz ont tous déclaré qu’ils ne soutiendraient pas la loi, ce qui signifie que la coalition doit compter sur les membres de l’opposition du Likoud, du Judaïsme unifié de la Torah, du Shas, du Parti sioniste religieux pour la soutenir à leur place afin de garantir que ça passe.
Les membres du Likoud n’ont pas révélé s’ils voteraient ou non en faveur de la loi, laissant le résultat incertain.

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