Gaza : le pari raté du Hamas, par Michèle Mazel

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Des conditions favorables à un coup de force

Le mouvement terroriste qui est au pouvoir dans la Bande de Gaza est en train de s’apercevoir que, malgré ses rodomontades, la dernière confrontation avec Israël n’a en rien amélioré sa situation.

Il avait pourtant bien calculé son coup. L’annulation des élections au parlement palestinien prévues en mai l’avait privé d’une victoire qui paraissait assurée. Il se devait de réagir, mais comment ? La solution ? Court-circuiter l’Autorité palestinienne en se posant comme défenseur de facto des Palestiniens.

D’où une série de déclarations belliqueuses menaçant de représailles en cas d’atteinte aux palestiniens de Jérusalem Est. La période était propice. Les partis politiques en Israël s’entredéchiraient ; aucun d’entre eux ne semblait en mesure de former un nouveau gouvernement.

Une réaction écrasante et précise de Tsahal

Mieux, la voix des députés arabes de la Knesset pouvait accorder la victoire à l’une ou l’autre faction. Le gouvernement de transition hésiterait donc à répliquer avec force à une provocation du Hamas. Ledit gouvernement ayant passé outre aux menaces, le 10 mai une salve de six missiles à été tirée sur Jérusalem.

De nouvelles salves sur le reste du pays ont suivies. Seulement l’ampleur de la réaction d’Israël à l’attaque contre sa capital a pris les dirigeants de Gaza par surprise. Pire, une sorte d’union sacrée s’est formée, tous les partis se ralliant derrière leur armée. Les députés arabes ont essentiellement gardé le silence. Au bout de onze jours, le mouvement terroriste n’a été que trop content d’accepter l’arrêt des combats obtenu par l’intermédiaire de l’Egypte.

Les frappes ciblées de l’aviation israélienne avait réduit à néant les infrastructures militaires auxquelles avait été consacré l’essentiel des revenus de Gaza et de l’aide internationale destinée à l’amélioration du sort de sa population. Aujourd’hui les négociations en vue d’un cessez-le-feu de longue durée s’annoncent difficiles. La communauté internationale a largement pris parti pour Israël, tant du fait de l’atteinte à sa capitale que du fait que l’essentiel des 4000 missiles tirés de la Bande de Gaza visait des cibles civiles.

Quelles conditions à la réhabilitation de Gaza?

(WAM via AP)

Certes, plusieurs pays arabes sont prêts à accorder une généreuse aide financière à la reconstruction de Gaza et des organisations internationales se proposent à faire de même ; seulement ils y mettent une condition : que les fonds transitent par l’Autorité palestinienne, représentante légitime des Palestiniens.

Une condition proprement inacceptable pour Hamas. Et puis les Israéliens se montrent intransigeants sur le volet humanitaire qu’ils présentent comme préalable à tout accord : le retour des restes de deux soldats tombés lors de l’Opération Plomb Durci de 2014 et de deux civils israéliens ayant franchi la frontière par erreur et dont les familles sont sans nouvelles.

Les dirigeants de Gaza demandent en échange la libération de plus d’un millier de leurs militants arrêtés en Israël pour faits de terrorisme. Une demande qui n’a aucune chance d’être acceptée.

En attendant les discussions sont au point mort et l’argent du Qatar n’arrive plus. La tentative du Hamas de faire pression sur Israël en envoyant une pluie de ballons incendiaires sur les champs et les villages israéliens frontaliers s’est heurtée à la détermination du nouveau gouvernement, qui a répliqué par de nouvelles frappes aériennes. Le parti arabe qui fait partie de ce gouvernement n’a pas jugé bon de démissionner.

Par Michèle Mazel

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