Kochavi doit surmonter la minoration du péril iranien par Biden et agir rapidement

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Le meilleur soldat le plus gradé d’Israël doit surmonter la minimisation par Biden du péril iranien et mener une action rapide contre un Iran doté de l’arme nucléaire

 Administration Biden , nucléaire iranien , lieutenant général Aviv Kochavi , tsunami , Yair Lapid

Panneaux alertant du sens à suivre pour échapper à un « Tsunami » (produit par qui en Méditerranée?)

Le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Aviv Kochavi, se rend à Washington le samedi soir 19 juin avec pour mission de surmonter les divergences politiques avec l’administration Biden sur l’Iran. Sa mission a été encore compliquée par l’assurance du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid au secrétaire d’État Antony Blinken, jeudi 17 juin, qu’Israël ne prendrait pas les Américains par surprise. Le ministre de la Défense Benny Gantz est allé plus loin en promettant un « dialogue apaisé » avant toute action israélienne.

Ces assurances ont été fournies à l’administration Biden avant d’être approuvées par le nouveau cabinet de sécurité, qui tient sa première réunion dimanche, après l’arrivée du chef de Tsahal à Washington. Mais pendant ce temps, les États-Unis ont décroché une surprise sous la forme d’un rapport du Wall Street Journal selon lequel les États-Unis réduisaient leurs forces de défense aérienne (missiles Patriot) au Moyen-Orient, compte tenu des «progrès» réalisés dans la voie des négociations de Vienne pour le retour des États-Unis à 2015 accord nucléaire. 

Le président Joe Biden a clairement décidé que la menace nucléaire iranienne avait suffisamment reculé pour retirer les Patriot et d’autres systèmes de défense aérienne, les escadrons de l’armée de l’air et leurs équipages du Moyen-Orient, en particulier d’Arabie saoudite, et le moment était venu de pivoter vers « la confrontation avec les grandes puissances », la Russie et la Chine.

Ce changement de politique a été expliqué par le New York Times après le sommet Biden-Poutine à Genève comme une décision de Biden « de donner un visage optimiste à sa politique ».


La plupart des experts américains en politique étrangère trouvent peu de motifs à montrer un tel « visage optimiste », craignant qu’il ne dérive davantage d’un aveuglement naïf face à la réalité, que d’une politique cohérente. Alors que les États-Unis en tant que géant militaire et économique peuvent se permettre de dissimuler la réalité, on ne peut pas en dire autant d’Israël. Et ses nouveaux dirigeants n’avaient pas à promettre de ne pas heurter la politique américaine par des actions surprises, certainement pas dans l’ombre de l’élection vendredi d’un président iranien ultra-extrémiste et anti-occidental.

Bien que des sanctions américaines aient été imposées au juge Ebrahim Raisi, le nouveau président, pour les exécutions massives de prisonniers politiques, l’administration Biden n’a pas dévié de la voie diplomatique vers un nouvel accord nucléaire avec l’Iran. L’administration n’a pas non plus été découragée par les avertissements spécifiques des experts américains du renseignement et du nucléaire.

Les experts nucléaires renommés David Albright et Sarah Burkhard ont décrit cette semaine l’avancée progressive de Téhéran vers une arme nucléaire depuis qu’elle a atteint la teneur interdite de 60% d’uranium enrichi. Cette graduation « peut être utilisée directement dans un explosif nucléaire », sans recourir au grade de 90%. Avec les centrifugeuses à grande vitesse IR-6, l’Iran produit désormais 0,126 kilo d’uranium enrichi à 60 pc par jour et aura amassé suffisamment de matière pour construire un seul engin nucléaire en un an et trois mois, disent ces experts.

En ajoutant un deuxième groupe de centrifugeuses au processus d’enrichissement, l’Iran peut réduire ce délai de huit mois. Avec quatre clusters, l’Iran aura accumulé suffisamment d’uranium à 60pc pour construire une bombe nucléaire en seulement quatre mois.

L’armée et le renseignement d’Israël connaissent douloureusement ces évaluations statistiques. Cette prise de conscience peut expliquer l’émergence récente le long de la côte méditerranéenne d’Israël de panneaux inexpliqués avec des directions pour échapper à un tsunami. La mer le long de cette côte est normalement assez calme avec seulement un faible mouvement de marée. Mais que se passerait-il si un avion commercial iranien s’envolait loin en mer face à la côte israélienne et larguait une seule bombe nucléaire dans l’eau, une option qui se serait présentée aux stratèges iraniens ? Le cœur le plus densément peuplé du centre d’Israël rayonnant de Tel-Aviv serait mortellement submergé.

Les autorités de sécurité israéliennes ont dû tenir compte de ce péril et d’autres. Pourtant, le général Kochavi aura du pain sur la planche pour convaincre l’administration américaine dithyrambique actuelle de s’abstenir de donner à l’Iran un nouveau souffle pour son programme d’armes nucléaires et ses activités malveillantes dans la région, en ravivant le pacte nucléaire de 2015 et en abandonnant les sanctions. A tout le moins, il doit expliquer pourquoi Israël, confronté à un péril direct et mortel, devra conserver son indépendance d’action, quitte à faire des surprises aux Américains.

Pour cette position, il aura besoin du soutien total du Premier ministre Naftali Bennett – même si cela ne correspond pas au message de ses ministres centristes à Washington.

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