Le Conseil des Droits de l’Homme ferait mieux de s’intéresser aux propos du Hamas

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Bachelet, l’Inquisitrice

Le 27 mai 2021, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a décidé d’ouvrir une enquête sur le conflit ayant opposé le Hamas et Israël entre le 9 et le 20 mai 2021. La haute commissaire du Conseil, Michelle Bachelet, a déclaré que « les bombardements israéliens sur la bande de Gaza étaient susceptibles de constituer des crimes de guerre ». La raison en est simple : Israël n’aurait pas « rapporté la preuve que les immeubles résidentiels bombardés abritait des installations militaires et des combattants du Hamas » (bien que Benjamin Netanyahou ait expliqué qu’il s’agissait de « cibles légitimes »). La résolution autorise également les enquêtes sur les violences commises à Sheikh Jarrah, ainsi que sur l’Esplanade des Mosquées. Une fois encore, Israël est présenté comme le seul responsable des violences et des dommages causés aux palestiniens. En réalité, s’il souhaite des éclaircissements, le Conseil des Droits de l’Homme devra s’intéresser aux propos de Khaled Meshaal (ancien responsable du bureau politique du Hamas) pour obtenir des éclaircissements : celui-ci appelle à un « soulèvement général » dans ce qu’il appelle « toute la Palestine ». Nul besoin d’engager une nouvelle enquête stérile.

Khaled Meshaal a, effectivement, annoncé la couleur, le 28 mai 2021 : « le Hamas a pris la tête de la lutte palestinienne et appelle tous les palestiniens à se joindre à un soulèvement général contre l’occupation israélienne ». Plus précisément, il a expliqué que « le rôle principal des dirigeants sous l’occupation est de tracer le chemin des Palestiniens vers la liberté et la libération ». Sa technique de communication est très habile : tout d’abord il donne le cadre des actions à mener, puis, ses déclarations vont progressivement inciter les palestiniens et les arabes israéliens à appliquer la Charte du Hamas, à savoir l’éradication de l’entité sioniste (conformément aux injonctions d’Allah). Pour que le Conseil des Droits de l’Homme décrypte les évènements qui se sont produits en mai 2021, il lui appartient donc de se livrer à un examen approfondi des motivations du Hamas dans ses agressions contre Israël.

Khaled Meshaal a tout d’abord précisé le mode opératoire : le soulèvement général doit se produire en « tous lieux » du territoire palestinien historique (Jérusalem et la vieille ville, la Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël lui-même). A ce stade, il s’agit ni plus ni moins d’une incitation à la haine raciale et d’un appel au meurtre de juifs, en parfaite violation des principes onusiens concernant la nécessité de parvenir à une amitié entre les peuples. Il appartiendra donc au Conseil des Droits de l’Homme de se saisir de cette problématique idéologique centrale qui nuit aux relations israélo palestinienne, à l’origine d’une haine systématique à l’endroit des juifs.

Khaled Meshaal a, par ailleurs, été très explicite sur les lieux où doit se produire le soulèvement général : « À Jérusalem, où le danger plane sur al-Aqsa, dans Sheikh Jarrah et la vieille ville et dans l’ensemble de Jérusalem… En Cisjordanie, où il y a l’occupation, les colonies, les séparations forcées et la confiscation des terres… Et dans la Palestine de 1948, où il y a discrimination raciale, les tentatives d’expulser et de bannir notre peuple dans la Palestine historique en utilisant les lois… Et aussi la résistance à Gaza, et même dans la diaspora… Tous partagent la responsabilité de la libération ». Le Conseil des Droits de l’Homme constatera une chose très simple : le Hamas appelle à une révolte terroriste généralisée en Israël en communiquant sur les moyens d’y parvenir pour une raison bien simple : il refuse de reconnaître l’existence d’Israël qu’il s’obstine à appeler « Palestine de 1948 ».

A cet égard, Khaled Meshaal a été très clair sur la reprise d’envois de roquettes sur le territoire israélien : « le cessez-le-feu n’est pas seulement subordonné à la fin des attaques israéliennes sur Gaza, mais à la fin des incursions des forces d’occupation israéliennes dans al-Aqsa, et à la fin de l’expulsion des Palestiniens qui résident dans le quartier de Sheikh Jarrah et à Jérusalem-Est. La bataille a été déclenchée pour ces raisons. Selon ce qui va se passer, les roquettes de la résistance s’arrêteront ou non ». « Chaque région sous occupation peut choisir sa propre forme de résistance. Il n’existe pas de forme unique qui soit bonne pour tout le monde et à tout moment ». Une fois encore, c’est le refus de reconnaître Israël qui est en jeu.

Khaled Meshaal a également appelé les arabes israéliens à dénier leur citoyenneté israélienne pour se reconnecter avec leur identité palestinienne : « Ils ont envoyé le message que nous appartenions au même peuple et qu’ils venaient en aide à al-Aqsa, au quartier de Sheikh Jarrah et à Gaza, comme tout autre Palestinien venant en aide à un de ses frères ». Plus généralement, il aspire à un mouvement généralisé d’éviction des juifs de cette partie du monde par l’ensemble des musulmans : « Il est devenu évident pour toutes les masses palestiniennes, arabes et islamiques et pour les peuples libres du monde, qu’Israël commence à compter ses jours et que cette occupation, cette colonisation, cette entité coloniale n’a pas d’avenir dans la région ». Ces propos devraient aider le Conseil des Droits de l’Homme l’Onu à comprendre pourquoi Israël ne fait qu’exercer son droit (onusien) de se défendre.

Khaled Meshaal s’est alors attaché à provoquer une opposition entre le monde occidental et le monde de l’Islam : « les pays arabes qui ont des relations normalisées avec Israël ont non seulement poignardé les Palestiniens dans le dos, mais aussi porté atteinte à leurs propres intérêts en risquant d’inciter à une révolte populaire ». Pour le dirigeant du Hamas, les États arabes ont « la responsabilité de proposer une nouvelle stratégie pour reconquérir la Palestine, Jérusalem et al-Aqsa, et mettre fin à l’occupation ».

Aussi, Khaled Meshaal a donc confirmé être résolument opposé à tout processus de paix entre Israël et les palestiniens : « Je crois que tout le monde a compris l’inutilité des négociations, l’inutilité du [prétendu] processus de paix et des accords de paix avec Israël, et l’inutilité de la normalisation. Ceux qui considéraient Israël comme une composante naturelle de la région se trompent. Certains pensaient pouvoir exploiter la force d’Israël pour affronter leurs propres ennemis ici ou là. Tout le monde est maintenant convaincu qu’Israël est le véritable ennemi de la région et qu’il est une entité fragile et que nous pouvons le vaincre au lieu de nous plaindre de sa politique ».

En tout état de cause, le responsable du Hamas a confirmé que l’organisation terroriste ne changerait pas sa position sur Israël : « Peu importe le temps que cela prendra, c’est mon message à Biden, aux États-Unis et à tous les États occidentaux qui continuent de placer le Hamas sur les listes du terrorisme ». Sur ce point, le Conseil des Droits de l’Homme devrait essayer de comprendre pourquoi les grands pays occidentaux considèrent le Hamas comme étant une organisation terroriste. Son regard sur Israël en serait changé.

Pour l’heure, la stratégie du Hamas fonctionne bien : la nuisance d’Israël se porte sur le terrain médiatique : Israël apparaît comme l’agresseur d’une population sans défense et le monde musulman est invité à s’unir pour le détruire. Le Conseil des Droits de l’Homme, doit donc, urgemment, s’atteler à comprendre les motivations du Hamas avant de jeter la pierre sur Israël. Il constatera alors que l’essence du Hamas est, elle-même, un crime contre l’humanité et qu’il est urgent de d’éliminer le mouvement terroriste, tout comme le monde s’est débarrassé du nazisme en 1945. Le problème c’est l’idéologie du Hamas, non l’homme palestinien. 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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