Gaza : premiers bilans, par Michèle Mazel

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PUBLIÉ PAR MICHÈLE MAZEL LE 23 MAI 2021

Le calme est revenu après ce nouvel épisode de la guerre larvée que mène le Hamas contre Israël depuis qu’il a chassé en 2007 les représentants légitimes de l’Autorité palestinienne dans un coup d’état sanglant. Rappelons qu’Israël s’était totalement retiré de la Bande de Gaza en 2005.

Cet épisode sera-t-il le dernier ? On voudrait le croire mais samedi soir déjà le chef du Hamas Yehiha Sinwar, sorti du tunnel où il se terrait, menaçait déjà « Tel Aviv et Haïfa. »

Ici et là des commentateurs « la victoire des Palestiniens» tout en soulignant l’étendue des dévastations et le nombre de morts et de blessés à Gaza dus « à l’agression israélienne. »

Pour mémoire, au cours de ce conflit qu’il a commencé et voulu, le Hamas et ses alliés de Gaza ont tiré quatre mille quatre cents missiles sur les villes et les villages d’Israël. Après une première salve de sept roquettes vers Jérusalem, ces engins de mort ont visé le pourtour de Gaza où vivent près d’un demi-million de civils mais aussi la grande métropole que constitue Tel Aviv avec sa banlieue. 

Près de 7000 fois – 6800 pour être exact – les sirènes ont appelé la population à se mettre à l’abri. C’était alors la course folle vers les espaces sécurisées, souvent situés au rez-de-chaussée et au sous -sol. Une vingtaine de personnes âgées se sont blessées en tombant dans leur précipitation. Pas simple non plus pour les mamans avec de jeunes bébés dans les bras. Et certaines villes du pourtour de Gaza ont connu jusqu’à 150 alertes par jour.

Mais grâce à l’extraordinaire discipline démontré par les Israéliens d’habitude plutôt frondeurs, qui ont scrupuleusement respecté les consignes de la défense passive, grâce aussi à cet incroyable réussite technologique qu’est « Dôme de Fer », onze jours d’un barrage de missiles sans répit il n’y a eu qu’un faible nombre de victimes. Les dégâts matériels sont énormes bien sûr mais une armée de fonctionnaires passe déjà de maison en maison pour faire l’inventaire des lieux afin d’accélérer le paiement des compensations. 

Comme d’habitude on a pu voir au premier jour du cessez-le-feu à Gaza des manifestations « spontanées » pour célébrer la victoire sur l’ennemi sioniste. Une foule pas très dense agitait des drapeaux et scandait des slogans. Selon Le Monde « Devant des manifestants en liesse, le numéro deux du bureau politique à Gaza, Khalil Al-Hayya, a pris part à « l’euphorie de la victoire. » De liesse il n’y avait pourtant guère. Les Gazaouis savent qu’ils ne peuvent surement pas compter sur le Hamas pour leur venir en aide. En leur for intérieur, ils espèrent que pour une fois l’assistance internationale touchera ceux qui en ont le plus besoin et n’ira pas comme par le passé à l’industrie d’armement et à financer le train de vie de leurs dirigeants.

Il n’y a pas eu de grandes manifestations de ce genre en Israël. Il faisait très beau et les Israéliens ont profité de la tranquillité retrouvée pour se précipiter à la plage ou piqueniquer en famille dans les réserves naturelles et les forêts. Il y avait foule aux terrasses des cafés et les restaurants refusaient du monde. Onze jours d’une couverture médiatique intense de nuit comme de jour, ont laissé place aux premières émissions satiriques. Les téléspectateurs ont pu ainsi rire de bon cœur après l’angoisse des alertes nocturnes. Et puis on a assisté ici et là des rassemblements modestes – quelques centaines de personnes – réunissant Juifs et Arabes israéliens réaffirmant leur attachement à la coexistence et la bonne entente entre leurs communautés.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.info.

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