Les renseignements militaires de Tsahal savaient que le Hamas tirerait sur Jérusalem

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Bien qu’aucune des deux parties ne souhaite que les combats ne se transforment en guerre totale avec une incursion terrestre des forces de Tsahal, le Hamas dispose de suffisamment de roquettes pour continuer à tirer pendant au moins deux mois.

Par ANNA AHRONHEIM   14 MAI 2021 18h28 et Terre-des-Juifs pour les compléments historiques et politiques-

   

Des Palestiniens courent alors qu'un véhicule militaire israélien tire des bombes lacrymogènes lors d'une manifestation anti-israélienne contre les tensions à Jérusalem, à Bethléem, en Cisjordanie occupée par Israël, le 10 mai 2021 (Crédit photo: MUSSA QAWASMA / REUTERS)

Des Palestiniens courent alors qu’un véhicule militaire israélien tire des cartouches de gaz lacrymogène lors d’une manifestation anti-israélienne contre les tensions à Jérusalem, à Bethléem, en Cisjordanie 10 mai 2021 (crédit photo: MUSSA QAWASMA / REUTERS)

Le renseignement militaire a averti que le  Hamas  tirerait des roquettes sur Jérusalem et que le pays pourrait se trouver en guerre avec le groupe terroriste. Un mois avant le déchaînement du Hamas, le renseignement militaire (connu sous le nom d’AMAN) a clairement discerné que l’agitation et les légendes urbaines qui couraient sur Jérusalem, ainsi que les élections palestiniennes annulées allaient enflammer les rues palestiniennes.

L’AMAN a également identifié que les barrières dressées par la police israélienne à la porte de Damas, empêchant les gens de s’asseoir sur la place, exacerbait les ressentiments et qu’il ne suffisait plus que « l’allumette » de l’appel du chef militaire du Hamas Mohammed Deif de venir «sauver» Jérusalem pour chauffer à blanc les tensions.

Le groupe Hamas appelant à renouveler les manifestations aux frontières ainsi qu’au lancement de ballons incendiaires et de 36 roquettes vers le sud d’Israël, ont permis à l’AMAN de saisir la volonté du Hamas de jouer un rôle actif dans la ville sainte.

En plus de l’imminence de la Journée de Jérusalem et de la présence prévisible de groupes ultra-nationalistes cherchant à prendre la tête du défilé de drapeaux pour l’inscrire à leur propre agenda politique controversé,

et de l’expulsion imminente de quatre familles de Palestiniens des maisons qu’elles squattent depuis les années 50 et l’expulsion des Juifs par la légion arabe transjordanienne, après un attentat meurtrier, provoquant un massacre de 78 membres du personnel soignant israélien, dans le quartier de Shimon Hatzadik-Sheikh Jarrah à l’Est de Jérusalem, la police militaire a recommandé de prendre plusieurs précautions. L’une d’elles consistait à déplacer le parcours du défilé prévu pour démarrer Porte de Damas, face au quartier arabe.

  • NDLR : Pour mémoire, pendant la guerre d’indépendance d’Israël en 1948, 78 médecins, infirmières et autres Juifs ont été assassinés alors qu’ils se rendaient à l’hôpital Hadassah, lorsque leur convoi a été attaqué par des Arabes alors qu’il traversait Sheikh Jarrah/Shimon Hatzadik. Le mont Scopus a été coupé de Jérusalem-Ouest et est resté une enclave israélienne démilitarisée sous l’égide de l’ONU jusqu’à ce qu’il soit repris par Israël en 1967-L’origine de la controverse est donc un crime de guerre en violation de toutes les conventions. Cette embuscade meurtrière a incité les familles juives restantes à quitter ces maisons exposées aux massacres et liquidations physiques, contrairement à ce prétend la désinformation orchestrée par des organes de propagande, complices de crimes de guerre par suspecte « omission », voire effacement des « traces », comme Le Monde en France-fermons la parenthèses contre l’ignominie anti-journalistique du soi-disant « journal de référence » qui ne s’use (si l’on ne s’en sert) qu’à lutter contre les faits historiques-.

Le commandant militaire des Brigades Izz ad-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas, Mohamed Deif a menacé lundi Israël d’un ultimatum, avertissant que le groupe attaquerait si les forces de sécurité israéliennes ne « quittaient pas le Mont du Temple et Cheikh Jarrah à 6 heures du soir ».

La police n’avait aucune raison de suivre de telles injonctions émanant d’un groupe terroriste et les roquettes sont tombées, alors que des milliers d’Israéliens défilaient dans le centre-ville pour célébrer la Journée de Jérusalem. 

Cela a constitué une réalisation importante pour le groupe terroriste, estime l’armée. Une évaluation par l’AMAN a révélé que le chef du Hamas Yayha Sinwar avait choisi de tirer les roquettes alors qu’il ne voulait pas d’une guerre avec Israël. Le tir des roquettes était un risque politico-militaire qu’il était prêt à prendre, car cela montrait que le groupe terroriste défendrait Jérusalem et le peuple palestinien [donc marginaliserait l’Autorité Palestinienne].

Néanmoins, le lancement des roquettes a entraîné un bombardement massif des moyens stratégiques appartenant au groupe ainsi que la liquidation de hauts commandants, certains d’entre eux jugés irremplaçables à moyen terme. Au cours des quatre jours qui se sont écoulés depuis le début de l’opération Gardiens des murs lancée par Tsahal, l’armée a détruit des milliers de kilomètres de tunnels utilisés par le groupe comme centres de commandement et de contrôle, ainsi que des tunnels offensifs et défensifs. Le «métro» sous Gaza du groupe, utilisé pour déplacer des armes et des combattants, a également été détruit tôt jeudi.

Le Hamas a passé des années à construire son infrastructure souterraine et l’un des objectifs de cette opération actuelle est soit de détruire tous les tunnels, soit de transformer les tunnels restants en un endroit où le Hamas ne se sent plus en sécurité.

Des centaines d’agents appartenant au Hamas et au Jihad islamique palestinien ont été tués dans les frappes aériennes. Plusieurs hauts commandants ont également été tués et d’autres visés dans des frappes, dans certains cas plus d’une fois. Le renseignement militaire a jusqu’à présent identifié 85 terroristes par leur nom, dont 20 occupant des postes clés.

«Nous avons tué des dizaines de membres de haut rang du Hamas et du Jihad islamique palestinien, ce qui a donné à leurs dirigeants le sentiment qu’ils sont pourchassés. Cela rend difficile pour eux d’opérer et de continuer à commander la bataille », a déclaré l’officier supérieur de Tsahal.

L’infrastructure de production et de fabrication de roquettes appartenant à la fois au Hamas et au Jihad islamique palestinien a été frappée à un point tel que le JIP a été retardé pour plusieurs années et le Hamas renvoyé plusieurs mois en arrière. La perte de djihadistes de haut rang qui ont été tués dans des frappes aériennes a fait reculer le Hamas de plusieurs années en arrière, en termes de recherche et développement. Les Forces de Tsahal ont également détruit des centaines de missiles et de lance-roquettes anti-chars, mais le Hamas et le JIP combinés auraient environ 14 000 roquettes et mortiers encore disponibles.

Un officier supérieur a déclaré aux journalistes vendredi que bien que le groupe ait prévu plusieurs «surprises», telles que des raids transfrontaliers ou des attentats-suicides par drone, toutes ces tentatives avait été déjouées.

«Nous avons perturbé leurs plans opérationnels. Nous avons mis fin à la menace d’incursions, intercepté les attaques à l’aide de drones et de véhicules aériens sans pilote et nous avons porté un coup dur aux capacités souterraines du Hamas », a-t-il dit. Bien qu’aucune des deux parties ne souhaite que les combats ne se transforment en guerre réelle avec une incursion terrestre des forces de Tsahal, le Hamas dispose de suffisamment de roquettes pour continuer à tirer pendant au moins deux mois.

Et c’est pourquoi, a déclaré l’officier supérieur, «Nous sommes préparés à continuer d’atteindre des objectifs de qualité pour une longue période et pour une longue campagne. Nous continuerons d’exiger du Hamas le prix fort. »

Commentaire : difficile de discerner clairement une « intentionalité », sinon celle d’orienter favorablement ces sinistres événements, par anticipation qu’on atteint épisodiquement un seuil d’armement souterrain qui oblige Tsahal à intervenir à Gaza, ou que la crispation islamiste sur l’octroi d’atouts symboliques à Jérusalem et Judée-Samarie pour en déposséder le Fatah de Mahmoud Abbas, est irrépressible pour la mentalité du groupe terroriste.

Les conjonctions de planète, à cause des caprices du calendrier ,semblaient s’accumuler : Jour de Jérusalem juif/Journée Al Quds iranienne – Ramadan- agenda juridique de Shimon Hatzadik/Shiekh Jarrah, annulation des élections palestiniennes et chaos politique des diverses listes de coalition improbables en Israël, avec le bonus/malus de devoir composer avec un groupe islamique arabe (Ra’am) de « l’extérieur » mais avec influence sur les programmes sécuritaires relatifs à Gaza et à la « violence arabe » intrinsèque dans les villes mixtes et villages.Volonté iranienne, par l’entremise du Hamas-Djihad Islamique, de ruiner les efforts nés « trop facilement » des Accords d’Abraham…

Ou encore, comme certains commentateurs politiques ne se gênent pas pour le faire, que la « crise électorale » en Israël est, incidemment, en train de se résoudre en annulant les chances des outsiders de vaincre « M. Sécurité » ou Roi Bibi, parce qu’en temps de guerre, le frêle Naftali Bennett n’a plus le droit de tergiverser en zigzaguant et qu’il est ramené, ivre de gloire avortée, « à la maison », à coup de rouleau à pâtisserie, par la perspicace Ayelet Shaked… De même, le désir de « normalisation » de la rue arabe, à ce stade, s’avère une tragique illusion, menée qu’elle est par les gangs violents des banlieues de Lod, Ramleh, Akko, Bat Yam, Tiberiade,… Ce qui conduit les partis arabes de la Knesset au constat d’échec, quant à leur travail de sape « pro-palestinien ».

Mais tout cela aurait été rendu impossible sans le besoin récurrent du Hamas de peser sur la politique israélienne, les affaires de Jérusalem et Ramallah, et sa certitude que l’accès au pouvoir par les urnes au sein de l’Autorité Palestinienne lui est, de plus en plus, inaccessible à mesure qu’il s’en rapproche (ou supplice de Tantale)… Beaucoup de perdants et peu d’élus au bout du compte.

Marc Brzustowski

et jpost.com

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