Strasbourg retourne aux années obscures en rejetant la définition IHRA de l’antisémitisme

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Rejeter la définition de l’antisémitisme de l’IHRA est un retour au sombre passé – Opinion

Une lettre ouverte à la maire de Strasbourg, en France, qui est la seule ville à rejeter la définition d’antisémitisme de l’IHRA pour des motifs «antisionistes».

Par SHIMON SAMUELS   3 AVRIL 2021 21:52

   

LES FLEURS SONT placées près des monuments commémoratifs où se trouvait autrefois la chambre à gaz, au camp de concentration de Natzweiler-Struthof à Natzweiler, en France, en 2015 (crédit photo: PATRICK SEEGER / REUTERS)

Des fleurs sont placées près des monuments commémoratifs où se trouvait autrefois la chambre à gaz, au camp de concentration de Natzweiler-Struthof à Natzweiler, en France, en 2015.(crédit photo: PATRICK SEEGER / REUTERS)

Madame la Maire Jeanne Barseghian, en tant que représentante du Parti Vert (EELV), vous devez être sensible à l’environnement. Vous connaissez ainsi le camp de Natzweiler-Struthof à proximité, où en 1943, une chambre à gaz a été construite pour 80 prisonniers juifs à la demande de l’Institut universitaire d’anatomie de Strasbourg. Leurs squelettes devaient être utilisés pour prouver «l’infériorité raciale juive». Cet exemple d’antisémitisme devrait être une preuve suffisante d’empoisonnement de l’environnement historique de Strasbourg.

Strasbourg, ces derniers mois, a subi le poids d’une haine renouvelée des Juifs contre les vivants et les morts, ces derniers en proie aux profanations des cimetières. Son principal antidote est la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance), adoptée par plus de 30 États membres du Conseil de l’Europe basé à Strasbourg, ainsi que par l’Assemblée nationale française, des ONG, des municipalités, des universités et d’autres institutions.

Strasbourg est apparemment la seule ville à la rejeter pour des raisons « antisionistes ».Madame la maire, depuis plus de 2000 ans depuis leur expulsion, les Juifs ont prié en direction de Sion, au cœur de Jérusalem.

En 1788, l’abbé Henri Grégoire mène deux campagnes: l’abolition de l’esclavage et l’émancipation des Juifs. Son essai, «La régénération des Juifs», portait sur la protection des communautés juives pendant les moments les plus violents de la Révolution française. Il devient alors conseiller des députés juifs du Sanhédrin, créé par Napoléon. L’abbé s’intéressait également au lien ininterrompu des Juifs avec la Terre Sainte et fut peut-être le premier sioniste français.

Les guerres napoléoniennes ont amené l’armée française à briser les portes du ghetto à travers l’Europe. À son arrivée en Terre d’Israël, Napoléon a publié un manifeste accordant aux Juifs un État indépendant dans leur patrie sous la suzeraineté française. L’idée a été anéantie par sa défaite militaire.

Le mouvement pratique pour rétablir la souveraineté juive a été la réponse directe du Congrès sioniste du journaliste Theodor Herzl à l’antisémitisme français, généré par l’affaire Alfred Dreyfus. Le président Emmanuel Macron a qualifié l ‘«antisionisme» de «réinvention de l’antisémitisme».

En 1968, le militant des droits civiques aux États-Unis, le Dr Martin Luther King Jr., a déclaré: «Quand les gens critiquent les sionistes, ils parlent des Juifs. Vous parlez d’antisémitisme ». En 2001, l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joshka Fischer, membre du Parti vert, a déclaré au Centre Wiesenthal: «L’antisionisme conduit inévitablement à l’antisémitisme». 

En 2015, un tribunal d’Essen, en Allemagne, a statué que «le sioniste dans la langue des antisémites est un mot de code pour signifier le Juif». En 2014, j’étais présent aux marches de masse de Paris contre Israël aux cris de «Mort aux Juifs!» («Mort aux Juifs!»). Les manifestants pro-palestiniens avaient le droit de manifester, mais pas de se détacher du défilé pour attaquer les synagogues et les institutions juives.

La campagne BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël), bien qu’illégale en France, est répandue et rappelle le «Kauft nicht bei Juden» allemand nazi des années 1930 («N’achetez pas aux Juifs») et l’effondrement des magasins juifs, tout comme les meurtres terroristes islamistes de Juifs français dans le supermarché casher Hypercacher étaient l’apogée de l’antisémitisme antisioniste. En 2015, notre centre a souligné que «l’antisionisme virulent est souvent un déguisement à peine voilé pour un antisémitisme virulent». Madame le maire, l’antisionisme devient certainement de l’antisémitisme lorsque seul le peuple juif se voit refuser tout droit à l’autodétermination.

Plus de 20% des citoyens israéliens sont israélo-arabo-palestiniens. Ils ne s’identifient pas comme sionistes. Pourtant, ils votent aux élections générales et sont représentés à la Knesset. Les Palestiniens auraient pu jouir d’une autodétermination pacifique en acceptant la résolution de 1947 sur le partage des Nations Unies. Le monde arabe a préféré partir en guerre. Depuis, ils ont refusé toutes les opportunités, des accords d’Oslo à nos jours. Ils ont préféré nier la souveraineté juive en tant que voisin et diabolisé la signification du sionisme.

Qu’ils soient néonazis, d’extrême gauche ou islamistes, tous sont réunis dans une pandémie d’antisionisme antisémite. Madame le maire, la décision de votre conseil de rejeter la définition IHRA de l’antisémitisme pour des motifs d’antisionisme pourrait être perçue en elle-même comme antisémite. C’est certainement hors de propos à Strasbourg. Nous vous exhortons à repenser cette décision, ne serait-ce que pour défendre la communauté juive strasbourgeoise, potentiellement menacée par une situation inouïe. L’acceptation de la définition peut également aider à épurer un environnement empoisonné.

L’auteur est directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal.

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Un commentaire

  1. N’oubliez pas le pogrom de 1803 qui remonta jusqu’au plus haut sommet de de l’Etat Napoléon Bonaparte Les juifs d’Alsace plus précisément à la suite de ce pogrom émigrèrent à Metz ville plus tolérant et accueillante

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