Schiappa estime qu’EELV «flirte de plus en plus dangereusement avec les thèses de l’islamisme»

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Le Conseil municipal à majorité écologiste de Strasbourg a accordé une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour la construction d’une mosquée. La fédération qui porte le projet, proche du pouvoir turc, n’a pourtant pas signé la charte des principes pour l’islam de France.

Par Pierre Lepelletier Publié hier à 09:52, mis à jour hier à 10:25

On ne compte plus le nombre de passes d’armes entre l’exécutif et les écologistes. Sur le feu ces derniers jours : la subvention de plus de 2,5 millions d’euros accordée par la majorité EELV de Strasbourg – portée par la maire Jeanne Barseghian – à la mosquée Eyyub Sultan. En Alsace-Moselle, et contrairement au reste de la France, les cultes peuvent en effet obtenir des subventions publiques, comme le veut la tradition concordataire du territoire. Une fois achevée, cette mosquée deviendra la plus grande d’Europe. C’est surtout la fédération derrière le projet, Milli Görüs, qui est dans le viseur de nombreux élus. Proche du pouvoir turc, elle a en effet refusé de signer la charte des principes pour l’islam de France.

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«Ce n’est pas la première fois»

Invitée à réagir sur LCI mardi 23 mars, Marlène Schiappa a dénoncé cette subvention. «Ce n’est pas la première fois que des maires du parti EELV sont sur une pente très glissante de l’islamisme radical», a voulu rappeler la ministre en charge de la Citoyenneté. Elle a notamment souligné qu’Éric Piolle, la maire de Grenoble, avait déjà subventionné le CCIF, association dissoute par le Conseil des ministres pour «propagande islamiste»«Une fois ça peut être une erreur, mais quand c’est quelque chose de coordonné, ça ne l’est pas. Je pense qu’Europe Écologie-Les Verts est un parti qui sous couvert de défendre de belles valeurs humanistes flirte en fait de plus en plus dangereusement avec les thèses de l’islamisme radical», a dénoncé Marlène Schiappa, estimant que l’exemple de la mosquée strasbourgeoise en était «la démonstration».

«Ingérence étrangère»

«Quand Gérald Darmanin reçoit la même association en novembre, à l’Élysée et avec Emmanuel Macron, c’est républicain. Mais Jeanne Barseghian continue le projet lancé par l’ancien maire, c’est de l’islamisme radical. Du coup, on s’y perd un peu», a répliqué sur Twitter Sandra Regol, la numéro 2 des Verts. «Parler avec < financer avec l’argent public», lui a répondu quelques instants plus tard Marlène Schiappa. Comprendre : recevoir les représentants de cette association n’est pas à mettre sur un même pied d’égalité que le fait de lui attribuer des subventions.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a lui aussi déploré cette décision. «Nous avons vu cette délibération votée, j’ai eu l’occasion de dire à la maire de Strasbourg que nous ne trouvions pas ça pour le moins amical avec les intérêts français», a-t-il expliqué mercredi matin sur BFM TV. Selon lui, le Conseil municipal de Strasbourg «n’aurait pas dû financer une ingérence étrangère sur notre sol». Gérald Darmanin a par ailleurs souligné qu’il y avait «une tentative d’ingérence extrêmement forte dans notre pays, y compris de la Turquie».

lefigaro.fr

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