Une journée ordinaire au Moyen Orient par Michèle MAZEL

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Manifestante à Zouk Mosbeh au nord de la capitale libanaise Beyrouth, le 8 mars 2021.

Manifestante à Zouk Mosbeh au nord de la capitale libanaise Beyrouth, le 8 mars 2021. © Joseph Eid, AFP

mardi 9 mars 2021

UNE JOURNÉE ORDINAIRE AU MOYEN ORIENT

La chronique de Michèle MAZEL

Ce 8 mars, la journée internationale de la femme a été largement ignorée au Moyen Orient, où l’idée que les «droits de l’homme» englobent ceux de la femme n’a pas encore fait son chemin. Il n’y a qu’en Israël que les médias y ont consacré de larges développements ; au Liban, on en a un peu parlé. Il faut dire que l’actualité se focalise sur d’autres sujets. Ainsi cette mystérieuse attaque contre les installations pétrolières en Arabie saoudite, dont on se demande bien quels ont pu en être les auteurs. Sûrement pas les Houthis du Yémen puisque selon la nouvelle administration américaine ce ne sont pas des terroristes. D’ailleurs ils se sont bien gardés d’en revendiquer la responsabilité.

Attaque Arabie le 7 mars 2021

Alors Iran, l’ennemi juré ? Surement pas non plus car les Américains, qui ont plus d’un œil dans le ciel dans la région, ne l’ont pas montré du doigt. Pourtant l’attaque a fait trembler les marchés mondiaux et fait monter le prix du brut à plus de 70 dollars le baril. Non loin de là, en visite officielle en Irak, le Pape est allé prier à Ur, cité de laquelle selon le récit biblique le patriarche Abraham, obéissant à un commandement divin, s’est mis en route vers la Terre Promise. Les représentants des trois grandes religions monothéistes n’avaient pas tous été conviés à cette célébration des enfants du patriarche.  Histoire de ne pas heurter les hôtes.  

Le président syrien Bachar al-Assad, et son épouse Asma, testés pour la covid

Pourtant on nous dit souvent que, si certains dirigeants arabes s’opposent à Israël, ils n’ont rien contre les Juifs.  Et puis il y a la pandémie qui ne faiblit pas. Le virus est venu frapper Bachar El-Assad et son épouse au cœur du palais présidentiel. N’auraient-ils donc pas bénéficié des vaccins reçus par la Syrie ? Ce serait une grande première car, un peu partout dans la région, le bruit court que ces précieux viatiques sont réservés en priorité à ceux qui tiennent le haut du pavé. C’est notamment le cas au Liban où des manifestations ont eu lieu pour protester contre une répartition inique qui laisse sans défense les plus démunis.

Un Palestinien qui travaille en Israël vacciné au poste de contrôle de Tarkumiya

En Israël encore, où la population adulte est maintenant vaccinée à 80%, on a pu assister ce 8 mars à un spectacle insolite : le début d’une vaste opération de vaccination des travailleurs palestiniens dont le nombre est estimé à 120.000.  Des tentes ont été dressées près des check-points et des infirmières parlant arabe étaient chargées d’expliquer la procédure. Certes, il ne faut pas s’attendre à ce que la presse occidentale exprime une quelconque admiration puisque pour elle, il est du devoir d’Israël de vacciner ses voisins bien que, selon les accords d’Oslo, c’est à l’Autorité palestinienne que revient la responsabilité d’assurer la santé de ses ressortissants. Mais ce qui était frappant c’était entendre la réaction des premiers bénéficiaires du vaccin. Ils ne disaient pas seulement merci, ils évoquaient avec amertume l’attitude des dirigeants de Ramallah qui avaient pris soin d’être vaccinés et de vacciner leurs amis et clients, ajoutant que pour ceux qui en avaient les moyens, ce n’était pas non plus un problème.

Terminons en soulignant que toujours ce 8 mars il y a eu trois attentats contre des civils israéliens.   

benillouche.blogspot.com

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