Les initiatives iraniennes de Biden sont-elles embourbées dans les sables?

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Les initiatives de Biden en3 matière de la diplomatie nucléaire avec l’Iran sont-elles enlisées dans le sable?

 Ayatollah Ali Khamenei , Binyamin Netanyahu , UE , Joe Biden , Mohammed Javad Zarif , Iran nucléaire

L’une des raisons apparentes du mur de silence sur lequel s’échoue la politique du président Joe Biden cherchant à relancer l’Iran vers la diplomatie nucléaire est que ses conseillers n’ont pas pu se mettre d’accord sur une stratégie pour freiner ses progrès vers une bombe. Ils sont convenus de la nécessité pour l’administration Biden de rejoindre l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) signé avec cinq autres grandes puissances, ne serait-ce que pour empêcher la République islamique de se dégager progressivement de ses obligations au titre de cet accord. Telle a été la réponse de l’Iran à la décision du président Trump de renoncer à l’accord. Mais la voie à suivre manque toujours de clarté face à l’intransigeance de Téhéran.

Dans sa dernière mesure, l’Iran a annoncé que dès mardi prochain, il reviendrait sur son engagement d’autoriser des inspections instantanées par l’observatoire de l’ONU. Jeudi, l’E3 (l’Europe des 3) s’est précipité avec un plan pour empêcher tout le projet diplomatique de s’effondrer. Ils ont persuadé l’administration Biden d’accepter une invitation du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France à se joindre à eux pour s’asseoir autour de la table avec leur homologue iranien, Mohammed Zavad Zarif. Leur plan était d’utiliser cet événement pour aborder les amendements nécessaires dans l’accord original et faire avancer la diplomatie.

Cette voie a été rapidement bloquée par le chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei. Il a dicté le veto de Zarif à l’initiative de l’UE, à savoir qu’il n’y aurait pas de discussions sur de tels changements avant que le président Biden n’accepte de lever toutes les sanctions américaines. C’était une ligne que Biden avait publiquement promis de ne pas franchir.

Vendredi matin, peu de temps avant que Biden ne prononce son premier discours en tant que président américain devant un forum international, la conférence de Munich sur la sécurité, certaines sources de Washington ont calculé qu’il avait «tâté l’accord» avec l’Iran.

La façon dont cela s’est produit est difficile à expliquer, étant donné que Biden a été soutenu par une équipe A de vieux maîtres dans les arts de la diplomatie avec le régime fuyant de Téhéran: Jake Sullivan, en tant que conseiller à la sécurité nationale; .Anthony Blinken, en tant que secrétaire d’État; Rob Malley, en tant qu’envoyé spécial pour l’Iran; Colin Kahl, secrétaire adjoint à la défense; et le plus expérimenté de tous, William Burns en tant que directeur de la CIA.


Cette équipe puissante n’a-t-elle pas réussi à produire une formule convenable? Ou est-ce le président qui a décidé à la dernière minute de ne pas accepter – ou rejeter – la diplomatie aux conditions fixées par l’Iran?

Lors de la conférence virtuelle de Munich vendredi, Biden a donc évité de fixer un calendrier pour les pourparlers avec l’Iran, comme prévu, laissant à «un haut fonctionnaire» le soin de dire aux journalistes: «Nous sommes impatients de nous asseoir et d’entendre ce que les Iraniens ont à dire. » Il a également déclaré que l’Occident devrait s’attaquer aux activités de déstabilisation de l’Iran au Moyen-Orient.

Et à Jérusalem, le Premier ministre Binyamin Netanyahu, qui avait convoqué une réunion spéciale du cabinet de sécurité jeudi soir, pour discuter de la réponse d’Israël aux mesures américaines sur l’Iran, a annulé cette entrevue sans explication. Le Bureau du Premier Ministre a plutôt publié la déclaration suivante: «Israël maintient son engagement d’empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire et son opposition à l’accord nucléaire de 2015 avec six nations du monde. Israël soutient que le retour à cet accord ne servirait qu’à faciliter la voie de l’Iran vers la prodiction d’un arsenal nucléaire. Nous sommes engagés dans un dialogue permanent avec les États-Unis sur cette question. »

La semaine s’est terminée sur des craintes accrues à Jérusalem, Riyad, Abu Dhabi et Bagdad que l’impasse diplomatique qui avait évolué ait rapproché plus que jamais la crise avec l’Iran d’un débouché sur une option militaire.

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