Comment Israël va-t-il gérer les points de vue divergents avec Biden?

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Le défi qui attend maintenant Jérusalem est de savoir comment coordonner et travailler avec une nouvelle administration qui ne partage pas l’approche «sur la même longueur d’onde» de son prédécesseur.

Par JPOST EDITORIAL   8 FÉVRIER 2021 22:43

Le président américain Joe Biden prend la parole lors de la 59e inauguration présidentielle à Washington, États-Unis, le 20 janvier 2021. (Crédit photo: PATRICK SEMANSKY / POOL VIA REUTERS)

Le président américain Joe Biden prend la parole lors de la 59e inauguration présidentielle à Washington, aux États-Unis, le 20 janvier 2021.(crédit photo: PATRICK SEMANSKY / PISCINE VIA REUTERS) 

On a assisté, lors des premières semaines de l’administration Biden, à une vague d’activité dans toutes les directions. Délivrant un nombre sans précédent de décrets exécutifs, allant de la crise climatique aux vaccinations contre la COVID-19, le nouveau président a rapidement renversé bon nombre des politiques mises en place par son prédécesseur et forge rapidement sa propre vision de la future voie que doit désormais suivre les États-Unis.

L’accent limité porté par Biden en politique étrangère a été principalement axé sur la Russie, la Chine et le coup d’État militaire au Myanmar. Comme l’a souligné Lahav Harkov du Jerusalem Post, dans son premier discours de politique étrangère la semaine dernière, Biden n’a pas mentionné une seule fois Israël ou la menace nucléaire iranienne. En Israël, on a beaucoup parlé du manque de contact jusqu’à présent entre Biden et le Premier ministre Benjamin Netanyahu comme un signe qu’il s’éloigne peut-être de la politique de l’ancien président Donald Trump lorsqu’il s’agit de faire face à la menace nucléaire iranienne et de répondre aux questions sur le conflit Israélo-palestinien.Les nominations par Biden de responsables liés à l’administration Obama – y compris Robert Malley, qui est connu pour être un fervent partisan du rapprochement avec la République islamique, en tant que représentant spécial des États-Unis en Iran – n’ont fait qu’ajouter à l’appréhension exprimée à Jérusalem.

Les déclarations et décisions émergeant de Washington au cours des derniers jours révèlent une approche mitigée pour Israël, indiquant que, comme dans son ménage intérieur, Biden envisage de supprimer certaines des politiques de Trump mais pas nécessairement d’autres. Les États-Unis ne lèveraient pas les sanctions contre l’Iran pour ramener Téhéran à la table des négociations, a déclaré dimanche Biden à l’émission « Face the Nation » de CBS, ajoutant que l’Iran devait d’abord arrêter d’enrichir de l’uranium. Un haut responsable américain a déclaré plus tard que Biden signifiait que l’Iran devait cesser d’enrichir l’uranium au-delà des limites de l’accord de 3,67% dans le cadre du plan d’action global conjoint, non pas qu’il devait cesser d’enrichir complètement l’uranium avant que les deux parties puissent parler.

« Il n’y a rien de changé dans la position américaine », a déclaré le responsable. «Les États-Unis veulent que l’ Iran revienne [en conformité avec] ses engagements dans le cadre du JCPOA, et s’il le fait, les États-Unis feront de même.» Plus tôt dimanche, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que Téhéran ne reviendrait au respect du JCPOA que si Washington lève les sanctions contre la République islamique.

Reste à voir si l’un des côtés assouplira sa position. Mais c’est un signe encourageant que Biden ne reviendra pas à une position consistant à tout céder, pour inciter l’Iran à revenir à l’accord signé sous l’administration du président Barack Obama. Un autre problème impliquant Israël qui a reçu une réponse favorable de la part des États-Unis est la décision de la Cour pénale internationale selon laquelle elle est compétente pour ouvrir des enquêtes contre Israël pour crimes de guerre. «Nous sommes sérieusement préoccupés par les tentatives de la CPI d’exercer sa juridiction contre des politiques et des militaires israéliens», a déclaré vendredi le porte-parole du département d’État après l’annonce de la CPI.

Revers de la médaille, l’annonce lundi du retour des États-Unis au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, trois ans après le retrait de Trump, à cause de ce que son administration avait appelé «un parti pris contre Israël», est troublante mais prévisible. L’ancien ambassadeur américain David Friedman a critiqué la décision proposée, la qualifiant de «politique terrible». Cependant, un responsable du département d’État a déclaré que la décision de revenir à l’organe basé à Genève sur la base d’une position d’observateurs était «le moyen le plus efficace de réformer et d’améliorer le Conseil … et de s’engager envers lui de manière raisonnée. Il y a une logique à rejoindre un forum pour le changer, tout comme il y a une logique à signer un accord avec un État belligérant afin de mieux le surveiller et l’empêcher d’atteindre ses objectifs néfastes. Mais ce n’est pas un point de vue auquel Israël a souscrit dans le cadre de sa politique visant à contenir ses ennemis. Si de tels mouvements doivent se produire, ils doivent être faits à partir de positions de force, pas de façon à être compris comme un geste d’apaisement.

Le défi qui attend, maintenant, Jérusalem est de savoir comment coordonner et travailler avec une nouvelle administration qui ne partage pas l’approche «sur la même longueur d’onde» de son prédécesseur. Se confronter à ces politiques (comme cela a été le cas sous Obama) est une solution. Une diplomatie tranquille et une collaboration en coulisse pour arriver à une destination mutuellement favorable en sont une autre. Avant de choisir la première posture, Israël devrait envisager les avantages de la seconde.

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Commentaire : il existe aussi, tout simplement, la politique consistant à délimiter clairement ce que sont les points négociables, jusqu’à quel point de non-retour et ceux qui ne le sont pas, en avançant sur les deux tableaux en même temps et en faisant peser l’option militaire comme la solution de dernière ligne, comme le propose déjà le Chef d’Etat-Major Aviv Kochavi. A une échelle de développement, certes, moins vaste, l’Administration Bush n’a jamais donné son feu vert à la destruction de la Centrale nucléaire coréo-syrienne d’Al Khibar, dans la province de Deir-Ez-Zor en Syrie, en septembre 2007. Tsahal a néanmoins opéré selon ses propres intérêts rapprochés. Cela a évité au monde de se trouver face à un Etat Islamique doté de bombes atomiques sales pour commettre ses attentats, à partir de 2014…

Mais cela passe par une analyse lucide de la nature hégémonique du régime iranien, qui ne devra sa survie qu’à son programme nucléaire agressif et à une guerre d’expansion con tre l’influence de ses voisins et des Occidentaux, comme c’est déjà le cas en Syrie, Liban, Irak, Yémen, au détriment de l’amélioration des conditions de vie des Iraniens eux-mêmes : peut-on croire qu’il va s’assouplir pour « apaiser » Biden? L’élection de juin 2021 à Téhéran replacera les perspectives, si, comme on le redoute déjà, les plus « conciliants » (qui ne sont qu’un peu de pommade dans le dos des négociateurs occidentaux, tout en conservant les mêmes objectifs à plus long terme) doivent laisser la place à la garde noire des Gardiens de la révolution les plus radicaux…

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