Les espions des EAU ont surveillé les courriels de Michelle Obama et Sheikha Moza du Qatar

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Il est de notoriété publique que, pendant la Présidence Obama, les Frères Musulmans ont été très en vogue au sein- même de l’Administration, avec détention de plusieurs postes-clés au sein du Renseignement et la Sécurité américains, dont Mohamed Alibiyari, alias le « Qutbiste » de l’administration (adepte de Sayyid Qutb, le père fondateur de la Confrérie), qui a dû démissionner après avoir fait ouvertement l’apologie de l’Etat Islamique (Daesh) comme un moment historique « inévitable » pour l’Islam et pour le monde.

: rapport

Le New York Times a déclaré que les communications par courrier électronique entre l’ancienne première dame des États-Unis et la femme d’affaires royale du Qatar, pourvoyeuse de fonds au profit d’institutions louches ou à double-emploi de propagande prédicatrice et de « droits de l’homme »‘, ont été surveillées.

Les communications interceptées par des espions des Émirats arabes unis comprenaient des réflexions personnelles, des détails de sécurité et un changement d'itinéraire [Fichier: Steve Marcus / Reuters]
Les communications interceptées par des espions des Émirats arabes unis comprenaient des réflexions personnelles, des détails de sécurité et un changement d’itinéraire [Fichier: Steve Marcus / Reuters]

7 févr.2021

Selon un nouveau livre d’un journaliste du New York Times, des espions des Émirats arabes unis ont piraté des appareils appartenant à la famille royale du Qatar et intercepté des communications privées entre la Première Dame américaine de l’époque, Michelle Obama, et « Son Altesse » Sheikha Moza bint Nasser.

Des reportages antérieurs ont mis en évidence l’opération de renseignement sophistiquée menée par les EAU (Emirats Arabes Unis) avec l’aide d’anciens agents américains. Les cibles comprenaient des responsables gouvernementaux, des bureaux des Nations Unies à New York et des cadres de la FIFA.

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Mais un article du Times samedi avec des extraits du livre – C’est comme ça qu’ils me disent que le monde prend fin, par la journaliste de cybersécurité du Times Nicole Perlroth (image)- est le premier à rendre compte de la surveillance des communications par courrier électronique fin 2015 entre Obama et Sheikha Moza, épouse de l’ancien émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani.

Les communications interceptées incluaient des réflexions personnelles, des détails sur la sécurité et un changement d’itinéraire alors qu’Obama devait prendre la parole au Qatar lors du sommet annuel sur l’éducation de son « Altesse royale » à Doha.

L’effort d’espionnage aurait conduit un agent américain à démissionner du programme d’espionnage et à quitter Abu Dhabi.

«C’est à ce moment-là que j’ai dit: ‘Nous ne devrions pas faire ça. Nous ne devrions pas viser ces personnalités », a déclaré l’ancien analyste de la National Security Agency (NSA) des États-Unis.

Espionnage de pointe

Connu sous le nom de Projet Raven, les pirates ont utilisé des outils de cyberespionnage de pointe pour aider les Émirats arabes unis à surveiller d’autres gouvernements, des groupes terroristes armés et opposants se revendiquant des droits de l’homme, critiques à l’égard de la monarchie (i.e : Frères Musulmans, la plupart du temps).

Des entretiens par l’agence de presse Reuters en 2019 avec d’anciens agents impliqués dans le projet Raven, ainsi qu’un examen de milliers de pages de documents du projet et d’e-mails, ont montré que les techniques d’espionnage enseignées par la NSA étaient au cœur des efforts des EAU pour surveiller les opposants.

Les agents ont utilisé un arsenal de cyber-outils, y compris une plate-forme d’espionnage de pointe connue sous le nom de Karma, avec laquelle des agents de Raven disent avoir piraté les iPhones de centaines d’activistes, de dirigeants politiques et de terroristes « présumés ».

Le FBI enquête actuellement parce que les lois américaines interdisent le piratage des réseaux américains ou le vol des communications des Américains.

Des agents américains ont aidé à localiser les comptes cibles, à découvrir leurs vulnérabilités et à déclencher des cyberattaques au profit des espions des EAU. Pour rester dans les limites de la loi, le personnel américain n’a pas appuyé sur le bouton de l’attaque ultime, mais se tenait souvent littéralement « sur les épaules » des Emiratis qui l’ont fait, a rapporté Reuters.

Entre 2012 et 2015, des équipes individuelles ont été chargées de pirater des gouvernements rivaux entiers (Qatar, Turquie), alors que l’objectif du programme est passé de la lutte contre le terrorisme à l’ espionnage contre des ennemis géopolitiques (NDLR : on comprend parfaitement le « hiatus », de la part de cette chaîne Qatarie, impliquée dans la prédication de Youssouf Al Qaradawi et la présentation favorable à Ossama Ben Laden, l’Etat Islamique et du terrorisme du Hamas, entre autres) selon des documents.

Le Qatar était une cible de choix, avec l’Iran, la Turquie et les rebelles au Yémen.

En 2010, Doha a attiré l’attention du monde entier en remportant le droit d’organiser la Coupe du monde de football  2022 (en imposant des conditions de vie identiques à l’esclavage et en confisquant les passeports de ses employés). En 2014, des agents des Émirats arabes unis ont ciblé les directeurs de la FIFA, l’organisme basé en Suisse qui dirige le football international, et les personnes impliquées dans l’organisme organisateur de la Coupe du monde au Qatar.

Le stratagème visait à voler des informations préjudiciables sur la candidature du Qatar à la Coupe du monde, qui pourraient être divulguées pour embarrasser le rival des Émirats arabes unis dans le Golfe.

L’opération de piratage de la FIFA a été baptisée Brutal Challenge. Les pirates ont envoyé des messages Facebook et des courriels contenant un lien malveillant vers un site Web appelé «worldcupgirls». Un clic sur le lien a déployé un logiciel espion dans l’ordinateur de la cible.

On ne sait pas si la mission a réussi. Mais les cibles incluaient Hassan al-Thawadi, secrétaire général de l’organe organisateur de la FIFA au Qatar.

Les EAU n’ont pas officiellement commenté l’opération d’espionnage, mais disent qu’ils font face à de réelles menaces de la part de groupes armés et travaillent avec les États-Unis dans les efforts de lutte contre le terrorisme.

aljazeera.com

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